Chronique policière: Semaine des résistances à Nantes

3 mars 20150 Commentaire

Chronique Copwatch par Gaëtan à retrouver dans l’AlterJT du 26/02/2015 (n°18).

Semaine des résistances à Nantes

Xavier : On reste dans le sujet pour retrouver Gaëtan, bien sur, du site Copwatch.fr. Bonjour Gaëtan. Tu étais à Nantes avant et pendant la manifestation, pour suivre la semaine des résistances qui y a eu lieu.

Gaëtan : Une semaine extrêmement riche, dont les médias n’ont bien sur pas parlé ! Ça pourrait donner de l’espoir. Etaient au programme : des lectures poétiques et historiques autour de la violence policière, des débat sur la situation des migrants, sur la politique de la peur, les nouvelles armes de la police, et bien d’autres sujets qui se sont ajoutés au gré des échanges, une soirée festive et engagée dans un bar associatif, et une discussion ouverte et conviviale sur les suites à donner au mouvement. Une semaine très riche en réflexions, qui dépassait la problématique policière pour rappeler, en toile de fond, les liens entre la violence d’Etat et la violence du système économique, la première servant surtout à protéger la perpétuation de la deuxième. Richesse également dans les interventions : étaient présents Serge Quadruppani, auteur de l’excellent livre La politique de la Peur, un membre du collectif Stop Controle au Faciès, le GENEPI, un syndicaliste venu d’Espagne, et enfin, des centaines de personnes d’horizons divers, venues remplir totalement les salles, pour écouter, raconter, et débattre ensemble. Et malgré des points de vue parfois éloignés, j’ai senti un profond respect des différences de parcours, d’idéologie, et une grande envie de réussir converger dans la lutte contre les violences policières.

Xavier : A t’entendre, la semaine était parfaite !

Gaëtan : Presque ! Un point important a été soulevé. Même si un réel effort a été fait pour ouvrir cette semaine de résistances en direction des quartiers populaires, leurs habitants étaient peu présents aux débats. Le fait qu’ils se tenaient en centre ville, le soir, n’a peut-être pas facilité leur venue. Or tout le monde était convaincu pour dire que la convergence des classes populaires et des milieux militants est indispensable pour améliorer le rapport de force avec les autorités. Cette convergence est déjà en cours (Farid El Yamni, le frère de Wissam, assassiné par la police à Clermont Ferrand en 2012, était présent à la manifestation et a fait un témoignage très enthousiasmant sur le facebook du Collectif Urgence, la police Assassine) mais elle doit être amplifiée, afin de renforcer les liens de solidarité, et de trouver des moyens d’action et des stratégiques qui, a défaut d’être totalement partagés, puissent au moins être complémentaires.

Xavier : Oui, c’est à dire qu’il reste quand même des divergences. Notamment sur la question de la violence/non-violence j’imagine.

Gaëtan : Bien sur, et c’est normal. Pour caricaturer le débat, et c’est dommage parce qu’il est important, certaines personnes refusent d’y recourir, entre autre parce que c’est exactement ce qu’attendent la police et les médias, pour justifier l’arsenal liberticide mis en place depuis 30 ans. D’autres jugent que la police et les médias provoquent de toute façon de la violence chez leurs adversaires, chez nous, par une violence bien plus grande qui est totalement invisibilisée, et que quitte à recourir à la violence puisqu’on y a été contraint, alors autant l’assumer pour prendre les devants. Je caricature et simplifie à l’extrême ! il y a des positions et des arguments beaucoup plus fins des deux côtés. C’est un débat qui ne sera peut-être jamais tranché. Mais cette semaine, il ne nous a en tout cas pas empếché de nous rassembler, de nous comprendre, et de continuer de converger.

Xavier : une semaine pleine de possibles donc !

Gaëtan : C’est ça ! Avant de finir cette chronique, j’aimerais rapidement parler de la création d’un film à soutenir : « Qui a tué Ali Ziri ? ». J’avais déjà parlé de ce chibani, tué par des policiers lors d’un banal contrôle routier en 2009. Le cinéaste Luc Decaster a suivi le combat judiciaire du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri pendant 5 ans. Derrière ce cas précis, il soulève le problème de l’impunité policière dans son ensemble, des dysfonctionnements de la justice aux répercutions sur les quartiers. Plus la somme d’argent récoltée sera importante, plus ce film pourra être diffusé et sensibiliser des personnes non averties. Vous trouverez le lien vers la plateforme KissKissBankBank dans la description de la chronique. Foncez et soyez généreux !

Je vous dis à bientôt, et d’ici là, restons vigilants !

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Dans: Chronique policière
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