Le Vatican, complice des prêtres pédophiles ?

1 octobre 20150 Commentaire

topelementUn séjour au soleil pour les criminels, voilà ce que promet l’Eglise catholique à ces prêtres pédophiles. Un scandale découvert par le site GlobalPost qui a suivi la trajectoire de cinq ecclésiastiques accusés d’abus sexuels.

Selon l’enquête, le Vatican aurait permis à de nombreux prêtres accusés d’avoir abusé sexuellement d’enfants aux Etats-Unis et en Europe d’échapper à leur passé en se déplaçant dans des petites paroisses localisées dans des pays en voie de développement. Des pays où l’influence de l’Eglise est telle qu’elle surpasse de bien des manières celle du gouvernement.

Le Vatican a refusé de donner suite aux demandes d’interview du GlobalPost. Pour David Clohessy, le porte-parole d’un réseau de victimes de prêtres, il s’agit d’une nouvelle stratégie de l’Église pour éviter de se confronter au problème des abus sexuels:

«Alors que dans les pays développés, la hiérarchie a du mal à continuer de faire travailler les prêtres prédateurs sexuels, les évêques les déplacent de plus en plus vers les pays en voie de développement, où les lois sont moins appliquées, où il y a moins de médias indépendants, et où les prêtres ont plus de pouvoir sur les paroissiens.»

La récidive n’est jamais loin

Dans une longue enquête, le site GlobalPost a suivi les trajectoires de cinq prêtres accusés d’abus sexuels sur des enfants aux États-Unis et en Europe. Plusieurs ont admis les faits, et dans certains cas, ils faisaient l’objet d’enquêtes criminelles. Cependant, plutôt que de les mettre hors d’état de nuire, la hiérarchie de l’Église catholique les a transférés dans des paroisses en Amérique Latine.

pédoAu Paraguay, le journaliste Will Carless a notamment retrouvé le père Carlos Urrutigoity, accusé d’avoir agressé sexuellement des garçons en Pennsylvanie. L’évêque de la ville de Scranton l’avait qualifié de «sérieuse menace pour les jeunes», mais il dirige désormais le diocèse de Ciudad del Este. Le père Francisco Montero, accusé d’agression sexuelle sur une fille de 4 ans dans le Minnesota, est désormais prêtre dans des paroisses d’Équateur. Quant au père Paul Madden, après avoir admis une agression sexuelle sur un garçon de 13 ans lors d’un voyage en Irlande dans les années 1970, il exerce désormais dans le diocèse de Chimbote au Pérou.

Certains de ces prêtres ont de nouveau eu des problèmes avec les autorités. C’est notamment le cas du père Jan Van Dael, qui avait été accusé d’abus sexuels en Belgique, avant de s’installer au Brésil pour fonder un orphelinat. Une enquête vient d’être ouverte contre lui pour abus sexuels au Brésil. Quant au père Federico Fernandez Baeza, qui avait été poursuivi pour viol au Texas (la famille d’une des victimes a obtenu plus d’un million de dollars en dédommagement de la part du diocèse), il a désormais un poste très haut placé dans une université catholique de Colombie.

Un silence assourdissant de la part du Vatican

Une affaire révoltante qui prend place alors que le nouveau Pape revendique la « tolérance zéro » à l’égard de ses troupes. Pour Peter Sanders qui a été nommé par le pape François pour diriger la commission sur la protection des enfants dans l’Eglise, la tolérance zéro doit s’appliquer à toute l’institution:

«Les plus gros problèmes sont dans des pays éloignés, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Nous savons que c’est là que de nombreux prêtres fuient pour continuer leurs abus sexuels. C’est un scandale.»

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Dans: AJT Plumes
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